Santé publique

Vendredi 27 novembre 2020

8 h 15 à 9 h 15
Santé et environnement

Application de l’approche Une seule santé pour mieux comprendre l’épidémiologie et améliorer le contrôle de la cysticercose au Burkina Faso

Dre HÉLÈNE CARABIN, m.v., M. Sc., Ph. D.

La cysticercose est une zoonose endémique dans les régions où l’assainissement, la gestion d’élevage des porcs et les services vétérinaires laissent à désirer. L’homme est l’hôte définitif de Taenia solium et contamine l’environnement en déféquant à l’air libre, y libérant ainsi les œufs parasitaires. Ceux-ci sont ensuite ingérés par le porc, l’hôte intermédiaire, chez qui les larves parasitaires s’établissent dans divers tissus, dont les muscles et le cerveau. L’homme acquiert la forme adulte du parasite en consommant du porc mal cuit. Ce cycle de vie n’a pas de conséquences importantes sur la santé humaine, mais entraîne des pertes économiques considérables pour les éleveurs de porcs qui peuvent avoir de la difficulté à vendre des animaux infectés. Le problème de santé humaine survient lorsque l’homme ingère les œufs parasitaires présents dans l’environnement. Les œufs tendent à migrer vers le système nerveux central, développant des kystes – on parle alors de neurocysticercose. Dans une étude préliminaire menée au Burkina Faso, nous avions trouvé que plus de 45 % des gens atteints d’épilepsie avaient des lésions de neurocysticercose dans deux villages élevant des porcs, mais aucune lésion chez les épileptiques d’un village avec très peu de porcs. Nous avons donc mis sur pied une étude randomisée dans 60 villages pour évaluer si une intervention éducative, conçue avec des méthodes de recherche de mise en œuvre devant maximiser la pérennité, était en mesure de réduire la fréquence de la cysticercose humaine et porcine. Cette présentation montrera l’importance de l’approche intégrée Une seule santé pour mieux contrôler cette zoonose.

10 h à 11 h
Santé et environnement

Épidémiologie du secteur apicole au Québec : l’exemple de la dissémination du petit coléoptère de la ruche (PCR) en 2020

Dre GABRIELLE CLAING, m.v., M. Sc.

En direct

Les réalités particulières de l’industrie apicole, en particulier les pressions sur la santé des abeilles liées aux pratiques de l’industrie et aux facteurs environnementaux, définissent l’épidémiologie des maladies apicoles. L’introduction au Québec en 2020 d’un ravageur émergent, le petit coléoptère de la ruche (PCR), sera utilisée comme exemple pour explorer les relations entre la santé des abeilles, les pratiques de l’industrie et l’environnement.

11 h à 12 h
Santé et environnement

Pesticides et enjeux éthiques de la recherche en agronomie au Québec

M. LOUIS ROBERT, agronome, M. Sc.

Les fonds publics alloués à la recherche sont modestes. Or, en agriculture, au Québec, ils sont extrêmement précieux. La compétence et l’absence d’ingérence et de situations de conflits d’intérêts sont des conditions sine qua none à toutes les étapes de la conduite de la recherche (allocation des budgets, gestion des projets, diffusion des résultats, administration et direction, etc.) ainsi que pour les trois maillons de la chaîne de transmission d’une information scientifique valable pour les utilisateurs : recherche – transfert technologique – services-conseils (producteurs agricoles et autres utilisateurs). Les conséquences des manquements à ces exigences minimales seront illustrées par les travaux menés au Québec sur la valeur agronomique (rendement des cultures) de l’utilisation systématique des insecticides néonicotinoïdes enrobant les semences de grandes cultures. Des trois maillons, c’est le maillon intermédiaire, soit le transfert technologique (synthèse et vulgarisation) qui est le plus négligé et le plus faible. Impossible à commercialiser, il est pourtant tout aussi essentiel que la recherche appliquée, surtout pour des enjeux complexes comme le développement de méthodes alternatives de lutte aux mauvaises herbes ou la détermination de la quantité de fertilisation azotée du maïs. Il s’agit d’analyser et d’intégrer un grand nombre de résultats de recherche, et de les interpréter de telle sorte qu’ils peuvent aider au développement de systèmes agricoles performants et durables, tout en évitant les conséquences graves en santé publique, notamment. Le transfert technologique fait aussi face à d’autres difficultés : les utilisateurs des résultats de recherche ne reconnaissent pas facilement la valeur d’un travail de vulgarisation indépendant; les instances gouvernementales ne lui allouent pas les ressources nécessaires; et les chercheurs à qui on demande par défaut de remplir cette fonction peuvent difficilement contextualiser leurs résultats de façon pratique. Même les travaux de recherche les mieux réalisés et les plus pertinents demeureront inutilisés et inutiles dans un tel contexte. Paradoxalement, il arrive en même temps que des travaux inadmissibles sur le plan de la rigueur scientifique soient publiés dans un périodique crédible et ses résultats utilisés en pratique, avec des conséquences potentiellement désastreuses : le cas de la fertilisation azotée du maïs sera discuté. Chercheurs et vulgarisateurs doivent collaborer plus étroitement, notamment pour dénoncer les situations où il y a ingérence.

13 h 30 à 15 h 30
Nouveautés en transport des animaux

Modifications à la partie XII du Règlement sur la santé des animaux

Dre MARIE-ODILE ROZON, m.v., B. Sc.
Dre MARIE-CLAUDE SIMARD, m.v.

En direct

Après plus d’une décennie de préparation, de recherches et de consultations publiques, la partie XII modifiée du Règlement sur la santé des animaux a enfin été publiée dans la Gazette du Canada, partie II, le 20 février 2019. L’entrée en vigueur du Règlement a eu lieu un an plus tard, le 20 février 2020. Plusieurs mois se sont écoulés au cours desquels l’ACIA et ses diverses parties prenantes ont fait face à de nombreux défis et apporté des solutions à divers enjeux soulevés au regard des nouvelles exigences. La mise en œuvre et les efforts de sensibilisation et d’éducation se poursuivent dans un contexte de partenariat dans lequel s’inscrit cette présentation qui vous est offerte conjointement par la Direction générale des politiques et des programmes (DGPP) et la section Orientation opérationnelle et expertise (OOE) de l’ACIA. Cette session a pour objectif de présenter brièvement le rôle du médecin vétérinaire en ce qui a trait au transport sans cruauté des animaux au Canada. Y seront également abordés : le processus ayant mené aux modifications de la réglementation régissant le transport des animaux au Canada et les nouvelles dispositions maintenant en vigueur, la mise en œuvre et les modalités de mesures d’application de la loi ainsi que les principaux défis rencontrés par l’ACIA et l’industrie puis les solutions mises en place.

15 h 45 à 16 h 45
Nouveautés en transport des animaux

La révision du Code de pratiques recommandées pour le soin et la manipulation des animaux de ferme – Transport par le Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage

Dre LUCIE VERDON, m.v., I.P.S.A.V.

Le Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage (CNSAE) est chargé de l’élaboration et de l’administration des codes de pratiques, qui sont des directives consensuelles, conçues à l’échelle nationale et éclairées par la science, pour le soin et la manipulation des animaux d’élevage. Le CNSAE a créé une démarche concertée et transparente pour l’élaboration de codes scientifiquement fondés, pratiques et qui reflètent les attentes de la société en matière de soins responsables aux animaux d’élevage. Ils favorisent des pratiques de gestion et de bien-être rationnelles en présentant des recommandations et des exigences à l’égard des principales pratiques d’élevage. Ils servent à la fois d’outils pédagogiques, de référence pour les règlements et de fondement aux programmes d’évaluation du bien-être animal. Jusqu’à maintenant, 12 codes ont été achevés selon le processus d’élaboration des codes du CNSAE. Les codes sont faits pour être utilisés à la ferme ; ils s’adressent donc principalement aux producteurs. Chacun comporte une section sur le transport, mais elle est limitée aux mesures qui relèvent des producteurs. Le Code de pratiques recommandées pour le soin et la manipulation des animaux de ferme – Transport écrit par le Conseil de recherches agro-alimentaires du Canada n’a pas été révisé depuis sa parution en 2001. Plusieurs acteurs ainsi que le CNSAE ont ciblé ce code comme ayant besoin d’être examiné et révisé. Il sera question de cette révision qui a lieu actuellement et qui mobilise plusieurs secteurs de l’agroalimentaire.

Samedi 28 novembre 2020

8 h 15 à 9 h 15
Les pathologies à l'abattoir et à la ferme

Lumière sur les condamnations de petits ruminants à l’abattoir

Dre ANNE LEBOEUF, m.v., M. Sc.

En direct

Comment expliquer les principaux motifs de condamnations de caprins et d’ovins à l’abattoir ? Brebis et chèvres maigres, abcès et arthrites, pneumonies, myosite éosinophilique… derrière chaque animal ou carcasse condamné, il y a un troupeau, des facteurs de risque et un éleveur. En favorisant les discussions entre les participants, la présentation vise à mieux comprendre l’étiologie et l’épidémiologie des principaux motifs de condamnation à l’abattoir chez les ovins et les caprins afin d’accroître notre capacité à en réduire l’incidence.

9 h 30 à 10 h 30
Les pathologies à l'abattoir et à la ferme

Différentiels pour certaines conditions observées en abattoir chez les porcs et les bovins

Dre DOMINIQUE FOURNIER, m.v., M. Sc, DACVP

Cette conférence vise à orienter les médecins vétérinaires en abattoir dans leur processus décisionnel fondé sur les lésions macroscopiques, lorsque possible, avec une révision de la pathogénie de certaines conditions observées en mettant l’accent sur les lésions cutanées et articulaires chez l’espèce porcine ainsi que les lésions pulmonaires chez l’espèce bovine. Un rappel des bonnes méthodes pour la soumission des échantillons au laboratoire sera aussi effectué.

11 h à 12 h
Les pathologies à l'abattoir et à la ferme

Les avortements chez les petits ruminants : bilan du programme intégré de santé animale du Québec

Dre MAGALY BÉGIN-PÉPIN, m.v., D.É.S., DACVP

La campagne du programme intégré de santé animale du Québec portant sur les avortements chez les petits ruminants, active depuis 2017, s’inscrit dans une volonté de mieux contrôler et de réduire l’incidence des avortements dans ces secteurs de production animale afin d’améliorer la santé des cheptels ovin et caprin et leur productivité. Elle vise également à mieux connaître les causes infectieuses d’avortement dans les élevages de petits ruminants du Québec. Plusieurs agents d’avortement ayant un potentiel zoonotique, la campagne vise également à réduire le risque de transmission aux humains grâce à la recherche systématique des agents zoonotiques en cas d’éclosion. Enfin, les bonnes pratiques de prévention et de contrôle sont favorisées par la transmission d’outils de sensibilisation aux élevages touchés par l’entremise des médecins vétérinaires praticiens. La conférence présente brièvement le fonctionnement de cette campagne et le protocole d’investigation diagnostique, et fait état du bilan des diagnostics obtenus depuis 2017 à l’aide de cas réels soumis dans nos laboratoires. La présentation est axée sur la pathogénie ainsi que sur le développement des lésions macroscopiques et histologiques, et aborde les aspects zoonotiques d’importance.

13 h 30 à 17 h
COVID-19 - Gestion de crise en médecine réglementée


Gestion des opérations au cours de la pandémie de COVID-19 – ACIA-Québec

Dre ANNE LEMAY, m.v., I.P.S.A.V.
Dr ÉRIC RÉMI GIRARD, m.v.

En direct

L’éclosion de COVID-19 a eu des répercussions importantes dans plusieurs milieux de travail. Le secteur agroalimentaire a rapidement été désigné comme faisant partie des services essentiels. Assurer la continuité des activités dans les abattoirs a constitué un défi particulier. D’une part, parce que les usines d’abattage sont des lieux où les employés travaillent à proximité les uns des autres, favorisant ainsi la transmission du virus, et, d’autre part, parce que l’épidémie a limité par le fait même le nombre de travailleurs disponibles. La diminution de la capacité d’abattage a aussi entraîné des répercussions sur les stocks d’animaux vivants, provoquant conséquemment une pression importante sur la capacité de l’industrie à retenir les animaux en production. Pour faire face à ces défis, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a déployé un centre de commandement des opérations d’urgence et a dû rapidement établir des partenariats, notamment avec l’industrie privée et les partenaires provinciaux. Cette présentation offrira un survol de la façon dont l’ACIA a géré les activités de première ligne durant la phase initiale de la pandémie.

 

 

Les animaux dans le tourbillon de la pandémie de COVID-19 : actions et constats du Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ)

Dre HÉLÈNE TRÉPANIER, m.v., M. Sc.
Dre ISABELLE PICARD, m.v.

La pandémie de COVID-19 est attribuable à une transmission d’humain à humain. Les animaux ainsi que les secteurs agricoles et bioalimentaires ont malgré tout été fortement touchés par les répercussions socioéconomiques et sanitaires de cette maladie. Le bouleversement des chaînes d’approvisionnement de produits animaux a donné un avant-goût de la sévérité des perturbations à redouter en cas d’introduction d’une maladie animale exotique. La susceptibilité potentielle des animaux à ce coronavirus, en particulier certaines espèces telles que les félins et les visons, fait encore l’objet d’une veille active particulière. La présentation donnera un aperçu des actions menées par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (ex. : communications, collaborations avec les autorités de la santé et autres acteurs, interventions en abattoirs et en usines de transformation, euthanasies et disposition des animaux, dépistage du SARS-CoV-2 chez les humains et les animaux, positionnement du Conseil des médecins vétérinaires en chef du Canada concernant la prudence à exercer avant de tester toutes les catégories d’animaux). Elle abordera également les leçons à tirer de ces premiers mois d’intervention contre la pandémie de COVID-19, qui s’avère un exemple probant de la nécessité d’intégrer l’approche « Une santé, un bien-être » dans la gestion des crises sanitaires.

Partagez
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin